j'ai passé tellement de temps à dormir ces derniers jours, que je ne peux plus nier être en train d'hiberner. Au matin le soleil est là dans un bleu glacial, et le soir, alors que je guette la tombée de la nuit de plus en plus tardive comme signal pour poser mes feuilles et prendre le thé contemplatif pendant que ça sèche, la pile de choses faites qui n'est plus à faire est complète.
Tu me rappelais la période où je travaillais tard le soir, remplacée avec succès par la période de travail diurne, vie de famille oblige. On se fait a tout. Parfois la césure est nette, comme si la mention "découper ici" flottait dans l'air. Mais il n' y a personne ensuite pour se souvenir de cette fameuse dernière fois, qui ne s'est pas diluée petit à petit dans le temps mais a bel et bien existé, entière et unique. (Je ne me souviens pas de la dernière fois où j'ai travaillé tard dans la nuit, je ne me souviens pas de la dernière fois où j'ai avalé un sandwich, je ne me souviens pas de la dernière fois où j'ai allumé une cigarette après le déjeuner, je ne me souviens pas de la dernière fois où j'ai porté mes enfants dans mes bras avant qu'elles ne passent l'âge).
Peut-être notes-tu cela dans un livre à deux entrées, têtes bêches : les dernières et les premières fois?

Je te souhaite un bon voyage, une plage de repos raisonnable, une fanfare avec un beau musicien à l'arrivée.
Une belle transition.