bien sur, j'ai fini par me sentir coupable ; ne pas monter dans l'avion sans pour autant pouvoir blâmer une catastrophe naturelle était déjà beaucoup, après tant de plans sur la comète. Constater mon absence partout, sans pour autant savoir l'enrayer ne m'empêchait pas de penser que si j'avais eu le loisir de rejouer la scène plusieurs fois, je l'aurais toujours jouée ainsi. Le train a déraillé, a pris une direction inattendue et j'étais dedans. Mais c'est avec le retour des oiseaux migrateurs, quand j'étais ailleurs, sans mots et sans idées pour rebondir et me réjouir du printemps, quand j'ai manqué à nos rendez-vous, doublement, que c'est devenu trop redondant.
Je me sens toujours un peu bancale. Et impuissante et maladroite.
Mais tu es toujours là, et moi aussi. Aucune lettre ne sera jamais assez longue, ni aucune journée assez dense pour venir à bout de tout ce qu'on voudrait partager, pour estimer ne plus avoir le temps ou l'énergie, et devenir muettes. Nous sommes là, nous serons là. Nos lettres aussi. Et nous reviendrons, autrement...

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