ils sont revenus, en bande, comme ils étaient partis. Je lève les yeux de mes pieds douloureux, meurtris par les sandales fraîchement déballées, portées avec candeur une journée entière en feignant d'ignorer les pliures du cuir contre la chair nouvellement nue. S'agit-il bien des étourneaux, qui on retrouvé le chemin du retour, et volent en vague, en ligne brisée, en mouvement chaotique, mais contrôlé, dans un enthousiasme collectif ? La grue de l'automne, où ils s'étaient rassemblés est toujours là . Ils avaient prolongé la réunion d'avant voyage assez longtemps pour qu'on s'extasie, ils avaient recouvert la grue, bruyants, ils avaient sonné le glas des jours chauds. Cela nous avait paru prématuré, nous portions encore des vêtements légers.
La grue est encore là , l'immeuble a poussé. Je les observe de mon nouveau point de vue, trois étages plus haut. Je me demande si c'est bien eux.
Je me rappelle cette émission d'un autre printemps : étions-nous les seules à l'avoir écoutée? Etait-ce un poisson d'avril? Je n'ai jamais pu la retrouver. J'avais soulevé le problème de l'atterrissage, et du repos, et tu avais de ton côté imaginé une reproduction acrobatique, des œufs pondus en plein vol. Je me souviens que l'on s'était mutuellement demandées de valider cette étrange information, que personne n'a pu me confirmer : les étourneaux n'auraient donc pas de pattes?
Chère Gwen,
Ecrit par Madame Gâ le jeudi 29 avril 2010

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