
c'est à peine quelques heures après avoir appris que tu ne viendrais pas que j'ai pris cette photo en pensant "quelle ironie".
Pendant quelques jours, le ciel bleu de B. comme tant d'autres a été privé des jolies traces blanches que les avions y dessinent comme sur une ardoise magique.
Jeudi dernier, le ballet aérien avait repris et, soulagées, nous n'avions pas pensé qu'un événement autrement plus attristant que l'éruption d'un volcan viendrait bouleverser nos plans.
Il y a vingt-cinq ans, le ciel était aussi bleu en Belgique et les avions y traçaient aussi des lignes droites que mon grand-père, devenu aphasique, nous désignait sans se lasser comme si elles pouvaient nous dire ce que lui ne pouvait plus.
A notre départ, cependant, c'est en direction de notre voiture qu'il a tendu le bras et, dans son galimatias de mots, il y avait celui-là : "la petite".
Il savait sans doute aussi bien que moi qu'on ne se reverrait pas.
J'avais quatorze ans mais la petite, c'était moi.
Chère Ga,
Ecrit par gwen le jeudi 29 avril 2010

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