
traverser la place du jeu de balle vers deux heures, alors que le soleil a soudain déserté les terrasses et que s'est levé un vent inconfortable, que seuls s'attardent les moins frileux -les autres s'étant regroupés en bande pour un brunch sans limite- et que les marchands remballent... C'est pouvoir fouiller dans un amas de vieux papiers qui, quelques quarts d'heure auparavant, étaient encore payants...
J'ai toujours en tête "j'en ferai bien quelque chose" quand je dépose une nouvelle pile de ces trouvailles chez moi.
Reçus de location de coffre fort, manuel de soins aux malades à destination des infirmières, actes notariés d'une succession, menus de communion... Je ne suis pas sûre que toutes ces traces d'autres vies que la mienne me soient indispensables mais, sur le moment, il me semble inconcevable de les abandonner aux éboueurs !
Je suis sûre, en revanche, de ne pas réaliser les recettes que contient un livret de cuisine à base de margarine Solo mais, comme les manuels de savoir vivre des années 60 qui expliquent comment recevoir le patron de son mari ou comment se comporter avec les gens de maison, ces recettes sont pleines d'enseignement sur une époque qui me semble remonter bien au-delà du siècle dernier...
Puisque nous sommes au printemps, ce sont les menus "pour les jours clairs" qui s'imposent et si tu ne sais pas que cuisiner aujourd'hui, je te soumets les propositions du jeudi :
Menu simple : coeur de veau sauté et purée de pommes de terre.
Menu bourgeois : potage aurore, coeur de veau farci, nègre blanc.
Te préciser que la farce du coeur de veau est de la chair à saucisse et que, une fois que le coeur est empli, on l'entoure d'une petite bande de lard suffira, à mon avis, à te mettre en appétit !
Quant aux illustrations, elles te donneraient envie, elles aussi : les plats sont photographiés dans un noir et blanc imprécis puis la photo est détourée et présentée sur un aplat de couleur, rouge ou verte.
Si, lors de ta visite, le vent se met à souffler aussi fort et aussi froid sur le marché, nous pourrons aller bruncher au café. A moins que la lecture du menu bourgeois d'un dimanche d'hiver nous réchauffe suffisamment :
Potage diplomate, croque-monsieur, gigot de mouton, flageolets à la crème-pommes mignonettes et flan de pommes à l'autrichienne.
Chère Ga,
Ecrit par gwen le jeudi 15 avril 2010

1 comment
Oh! Ca me fait penser à un livre dévoré sur la jointure 2009/2010 et dont je me suis délectée à chaque page : "On n'a pas toujours du caviar" de Johannes Mario Simmel. Une lecture réjouissante, très vieille mode et à la fois absolument drôle. Les intitulés des menus à eux seuls valent le détour !