Nos Jeudis

Chère Ga,

Par gwen le jeudi 8 mai 2008 dans Otsuka


Que deviennent les gens qui, par hasard, laissent une trace d'eux sur nos pellicules photo ?
Cet instant qui les immobilise, qui les capture pour un temps plus long que celui de leur vie ou de la mienne...
Cet instant était-il, pour eux, heureux, malheureux ou insignifiant ?

C'était Paris, c'était l'hiver. Et lui seul comptait et je ne voyais personne d'autre que lui.
Il m'a dit qu'on nous avait pris en photo.
Sa bière, mon thé sur la table. Nous, vivant ce précieux temps alloué...
Qu'a dit la photo du bonheur de cette minute-là ?

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Chère Gwen,

Par Madame Gâ le jeudi 8 mai 2008 dans Rue Meyrueis


il apparaitraît que le train soit bien moins cher que l'avion qui, compte tenu du contexte éco-barilo-flambesque, voit ses prix grimper de telle sorte qu'il devienne impossible aux compagnies aériennes d'honorer leurs promotions et autres miles laborieusement accumulés. Doit-on penser qu'être surclassé est une expression qui n'existe déjà plus? Peut-on croire à la fin de la lutte des classes, si désormais s'amenuisait l'écart des prix entre ceux qui dorment comme des bébés et ceux qui luttent pour somnoler en paix sans que leur tête ne vacille d'un degré sur l'épaule de leur voisin?
Voici venu le temps des voeux. Rêver, entre un jeudi et un vendredi, -ce soir, peut être-, de parcourir les steppes mongoles sur le galop d'un cheval, et n'en surtout rien raconter au réveil. Eternuer trois fois de suite et retourner le bon vent des souhaits formulés à notre encontre par une personne bienveillante. Faire grimper une coccinelle au bout de son index et la prier gentiment d'en déguerpir, faisant fi de cette fraîche amitié naissante. Guetter une étoile filante improbable en ces nuits printanières, nez au vent, cou torturé, jeter à la suite de sa trainée scintillante nos plus belles volontés. Frotter régulièrement et intempestivement et rageusement ses yeux (ce serait un jour sans khôl), en recueillir un cil égaré, se pavaner de-ci, de-là, jusqu'à ce qu'une bonne âme (sûrement la même qui réagit aux éternuements) vous prie de le balayer d'une claque magique.
Sérieusement, Gwen, combien de temps penses-tu qu'il me faille pour arriver dans ta rue, en partant de la mienne, à pied ?

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